Expert des jeux d’esprit, le producteur J.J. Abrams a un faible pour les projets enigmatiques. Créateur de la série LOST & Alias, il nous démontre ici son talent pour le marketing viral à travers son nouveau concept/film : Cloverfield. Littéralement “Champ de trèfles”, le titre n’a été dévoilé qu’à une certaine étape, laissant aux gens la possibilité de fantasmer jusqu’au bout sur un concept mystérieux, au travers d’une première bande annonce “teaser”. En effet, le “buzz” médiatique initié par cette vidéo n’a été rendu possible que par la réaction incroyable du public, qui a contribuer à entretenir et à propager le mystère.Le film a tout naturellement joué sur le développement et la démocratisation des nouvelles technologies de l’information et de la communication. J.J Abrams le reconnait lui même : ” Quand j’ai eu l’idée du film, j’ai commencer à penser à l’impact de Youtube sur les choses [...] il n’y pas un évènement qui ne soit pas filmé aujourd’hui. Donc, si un monstre géant attaquait la ville, il n’y aurait personne pour le filmer ?”
L’argument principal du film repose sur l’aspect “videoreportage”, concept déjà utilisé par Daniel Myrick et Eduardo Sanchez pour Le projet blair witch. A l’origine, on retrouvait déjà des “éléments extérieurs” susceptibles de rendre l’histoire encore plus crédible (pièces à conviction, photos prises par la police, etc..).
On constate également qu’à la sortie du film, une grande partie des questions initiées par la bande annonce “teaser” ne trouvent pas de réponse. La volonté de laisser le public se faire sa propre interprétation des choses est typique de ce genre de réalisation, où très peu d’éléments sont résolus. Le film participe donc lui même à la propagande, en devenant un objet supplémentaire d’interrogation. On retrouve le même procédé dans de nombreuses réalisations comme Alien le 8e passager, la saga Starwars ou la série X-Files. C’est confirmé, la vérité est ailleurs…